Le « Christmas Blues »…

23103838-carte-de-no-lA moins que tu viennes de sortir du coma, tu n’es pas sans ignorer bichon que dans très exactement 6 jours c’est Noël ! Tout le monde est dans l’euphorie des préparatifs, des cadeaux. On sent partout le stress de la dernière minute, l’excitation des petits et grands. On fignole les dernières décorations. Bref c’est la liesse populaire pour tout le monde. Tout le monde ? Non ! Une personne (peut être plusieurs mais je n’en connais pas d’autres pour l’instant. Ohé ! Ohé ! Capitaine abandonné ?) résiste encore et toujours à l’envahisseur, j’ai nommé : MOI !

J’ai ce qu’on appelle communément le « Christmas Blues » (non en fait je sais pas si ça existe, je viens de l’inventer ^^).

Alors là, tout de suite, tu te demandes ce que c’est et tu as raison !

On pourrait le définir comme une sorte d’angoisse psychotique à l’approche de fêtes dites « de famille ». Il se caractérise par une angoisse latente, une nostalgie aiguë, un bourdon notoire,  une légère phobie du rouge et du vert. Rien de catastrophique mais plutôt de passablement relou.

Il se déclenche généralement la semaine avant Noël et disparaît le plus souvent le lendemain (ou le soir même après quelques verres si l’apéro attaque ^^). C’est donc un mal passager. Mais qui te pourrit la seule semaine de l’année qui est à peu près joyeuse !

En effet, toute l’année j’attends ce moment où on se rassemble autour d’une belle table, d’un repas gargantuesque, et quand tu jettes un regard au pied du sapin et que tu vois ton nom sur une étiquette c’est magique. Mais voilà, la dernière semaine, ce blues mesquin s’abat sur toi sans que tu l’aies vu venir. Tu ne sais pas depuis quand il t’observe, ni où et quand il va frapper.

Ce blues a commencé il y a une dizaine d’année, lorsque j’ai quitté le nid familial. Avant, je décorais le sapin avec mes parents. J’arpentais les marchés de Noël avec sa bonne odeur de vin chaud (et de crottin des animaux présents !). Et puis j’ai pris mon envol. J’ai commencé à travailler. Et dans mon domaine (comme dans beaucoup d’autres), il n’y a pas de vacances pour les fêtes. Je suis (ou plutôt j’étais) dans l’hôtellerie. Et quand tu es une jeune femme célibataire sans enfants…. et bah c’est à toi qu’on colle la permanence de Noël ! Bah oui quand tu n’as pas d’enfants, tu n’es pas prioritaire pour Noël (je le comprends tout à fait mais ce n’est quand même pas juste !).

Lorsque j’ai rencontré mon mari, je travaillais de nuit sur Paris. Le soir du réveillon, je me souviens du supplice que c’était d’aller souhaiter un joyeux noël a la belle-famille, d’ouvrir à la va-vite les cadeaux qu’ils t’avaient fait, de boire une coupette pour la route et de dire au revoir à tout le monde au moment où les premiers plats bien appétissants arrivaient sur la table. Et tu arrivais au boulot, dans des rues désertes pour faire ta permanence de 12h (tout en maudissant le jour où tu es rentré dans un hôtel pour la 1ère fois avec ton CV en main !!).

Et puis lorsque j’ai arrêté les nuits, on a déménagé et je pensais que ça allait s’apaiser voir disparaître… Il n’en est rien ! Parce que quand vient le moment des fêtes, tu te rends compte que ta famille est complètement éclatée au sens propre comme au sens figuré ! Au sens propre : c’est là où tu vois qu’elle est grande la France ! Et au sens figuré : tu te rends compte qu’en fait tu sais que tu en as une de famille mais qu’il est impossible de la réunir au risque que ce soit la pire soirée de ta vie (voir la dernière ! Planquez les couteaux on se réunit tous !! ^^).

Donc la semaine de Noël me vient cette nostalgie aiguë des souvenirs de petite fille ou il y avait un semblant d’équilibre familial (remarque quand t’es gosse tu ne perçois pas forcément les tensions, tu vois juste la montagne de cadeaux !! hehe^^). Adulte, tu sens la montagne de tensions, c’est moins cool.

Alors tu te réfugie dans ta belle-famille qui t’accueille à bras ouvert. Ça te met un peu de baume au cœur. Et tu te surprends à espérer qu’un jour ta famille à toi sera comme ça. Unie et réunie. Mais tu sais bien au fond que ce n’est qu’une douce chimère. Pourquoi d’ailleurs ? Certaines guerres sont tellement ancienne que tu ne souviens même plus pourquoi les ponts sont coupés (et parfois tu n’es même pas concerné par ça – Oui les emmerdes c’est intergénérationnel-). Pour d’autres, la douleur est encore bien présente mais tu as essayé de l’enfouir bien profond avec des tonnes de mouchoirs trempés de larmes dessus pour l’oublier.

Bref, quand tu vois la joie des uns, le bonheur des autres de se retrouver avec les frères, les sœurs, les parents, les grands-parents, les oncles, les tantes et les cousins : tu éprouves juste une énorme jalousie (dont tu as honte à la minute même ou tu t’en es rendu compte !)

Donc cette fameuse dernière semaine tu fuis complètement tout ce qui se rapporte a Noël, ou tu fais le minimum syndical. Et arrive le grand soir. Soit en tête à tête avec ton chéri, soit avec quelques membres d’une des 2 familles. Au final tu passes une excellente soirée. Tu manges bien et au moins tu es avec des personnes qui t’aime et là tu penses aux personnes qui n’ont vraiment rien : ni famille, ni toit sur la tête, ni nourriture et tu te sens finalement hyper chanceuse. Tu culpabilise d’avoir eu ce blues mais tu n’y peux rien. C’est plus fort que toi. Tu ne peux pas lutter.

Et puis la nouvelle année arrive, et elle s’enchaîne à toute vitesse pour te ramener au prochain Noël. Là tu refais le point, tu comptes encore quelques pertes dans les rangs familiaux.

Mais c’est comme ça. Il faut l’accepter et vivre avec.

15188356-noel-de-cru-cartesAlors Joyeux Noël à toutes et à tous du fond du coeur. Profitez de ces moments passés en famille. Ils sont précieux.

Très bonnes fêtes à tous ❤ ❤ ❤

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6 réflexions sur “Le « Christmas Blues »…

  1. Aileza dit :

    Je crois que ce que tu ressens arrive à beaucoup de monde. Moi, j’ai fait le tri, je ne fête réellement Noël qu’avec ma belle-famille et on n’est pas des milliers mais la qualité est plus importante que la quantité. La tablée de 25 personnes qui passent un super Noël est un mythe, non ? Alors profite de ceux qui sont là et ne te prends pas la tête 😉

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  2. mamounette dit :

    Il y a surtout la chose à ne pas faire : mettre un CD (qu’on a enregistré ensemble autrefois avec les morceaux de musique qu’on aime)…et là : blues assuré !!! Et on se dit : avait-on vraiment conscience alors du bonheur qu’il y avait à être ensemble ? Il faut toujours être conscients des bons moments que l’on vit ! Et tu n’as pas échappé à la séparation du nid familial, à l’arrivée dans le milieu professionnel où tu as droit au cadeau à la dernière arrivée : la permanence !!! Pendant que les autres festoient : toi tu es de service !!! Mais cela changera : malheureusement c’est la rançon du vieillissement ! Allez : moral, tu es convoqué !

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