Lettre ouverte….

Monsieur Le Professeur du CHU,

Il est important pour moi de vous écrire ! Nous nous sommes rencontrés le 17 juin dernier, pour la première fois mais également pour la dernière j’en ai bien peur ! Cette consultation, et je suis au regret de vous l’annoncer, ne s’est pas bien passée pour moi, mais alors PAS DU TOUT. Elle avait pourtant bien démarré, vous m’avez pris vingt minutes en avance ! Chose assez rare dans le milieu médical pour être soulignée. Je ne m’étendrais pas sur votre archaïsme quant au refus de paiement par carte bancaire dans un monde où de moins en moins de personnes ont de chéquiers,  ni à la feuille de soins qu’il faut envoyer, ce qui multiplie les délais de remboursement par dix, ce n’est pas le plus important.

Non si je vous écris aujourd’hui c’est pour vous faire part de mon ressenti. Dans cette salle d’attente j’étais remplie d’espoir. L’espoir qu’enfin cette histoire de maladie soit derrière moi rapidement. Vous êtes selon vos pairs une pointure dans le domaine gynécologique alors pourquoi aurais-je refusé de vous voir ? Nous devions voir ensemble votre avis sur l’opération à prévoir pour soigner mon utérus tout en préservant mes rêves de maternité. Sur les 40 mn qu’a duré cette consultation, nous en avons parlé quoi… 5 mn ? Aller je suis magnanime : 10 mn ! Le reste du temps, si j’exclue les 10 mn de biopsie, vous vous êtes conduit en parfait connard ! Oui je pense que le mot est juste. J’aurais pu employer aussi « enculé » mais restons courtois. Je me permets de vous rappeler les faits : Lorsque vous avez rempli mon dossier médical, vous m’avez demandé ma taille et mon poids. J’aurais pu vous dire le poids que j’aurais aimé faire car de toute façon vous n’avez pas vérifié. Mais j’ai choisi comme une idiote de vous dire la vérité. Ce qui a dû provoquer chez vous une sorte de crampe neuronale révélant une partie de votre inconscient qui ne doit pas beaucoup aimer les personnes en surpoids. En fronçant bien les sourcils pour appuyer vos propos vous m’avez donc jugé à demi responsable de ce qu’il m’arrive. Que la graisse fait saigner ce qui explique pourquoi je fais des hémorragies et que donc la graisse développe le cancer ! Qu’à cause de mon poids il est hors de question ne serait-ce que de rêver à un quelconque projet de maternité et que je ne retrouverais pas de travail car « soyons logique » selon vos propos. Si je ne perds pas 40 kg minimum ma vie est donc foutue. J’avoue que sur le coup, je ne m’attendais nullement à cette estocade ! J’ai été comme on dit « séchée sur place ». Comme à mon habitude, je me suis mis en mode protection automatique et j’ai donc baissé les yeux pour ne pas que vous détectiez qu’ils s’embuaient. J’ai serré les dents ; et j’ai attendu que l’orage passe. J’ai encaissé comme d’habitude. J’avais l’impression d’être une gamine de 10 ans que l’on vient de prendre la main dans le pot de Nutella !

 A défaut de me délester de kilos, vous m’avez allégé de 90€. Car bien sûr cette consultation est dite « privée » donc vous pratiquez allègrement les dépassements d’honoraires et autres trucs que seul le corps médical comprend. Sur le principe je n’ai rien contre mais payer une telle somme quand vous êtes un peu à flux tendu financièrement pour se faire traîner dans la boue et s’entendre dire qu’on est juste un gros tas de merde et qu’il suffit juste de maigrir pour que hop comme par magie tous mes problèmes s’envolent, j’avoue que ça fou bien les boules !! Alors certes comme vous me l’avez fait remarquer j’ai autre chose à faire à trente ans que de passer ma vie chez les médecins ! Car l’avenir que vous me prescrivez est des plus rutilants ! Dans les années à venir je vais donc prendre un abonnement chez tous les spécialistes du coin car ma santé ne sera qu’un vaste champ de ruines. Merveilleux. J’aime beaucoup l’idée. Alors je suis d’accord avec vous sur un point cependant, il faut que je ralentisse la cigarette voir que j’arrive à l’arrêter. Enfin si tout était simple dans la vie ça se saurait non ? Remarque au passage, la vie est certainement plus simple avec votre salaire qu’avec le mien. Mais passons sur ce dernier point, vous ne pouvez pas comprendre.

Ce qui est triste d’ailleurs. Car sans nous les petites gens qui ont des problèmes de santé bah excusez-moi mais vous n’auriez pas de boulot ! Alors j’estime que sur ce seul constat, vous vous devez de respecter la personne qui est en face de vous, qui vient vous voir avec sa détresse car vous avez les connaissances ! C’est vrai que vous êtes un professeur, que vous avez pleins de diplômes et que vous avez une dizaine d’années d’études après le bac dans les pattes mais de quel droit cela vous autorise-t-il à juger les gens comme ça ? Lorsque faute de moyens suffisants j’allais au planning familial et qu’une des gynécos en appelait à mon civisme car je prenais la place de quelqu’un qui avait vraiment besoin d’aide car moi au moins j’avais une sécurité sociale et que lorsque je me retrouve donc dans le « circuit normal » on me traite de la sorte, j’avoue être très perplexe. Cette suffisance et cette pseudo supériorité que vous affichez vous confère-t-elle plus de droits que le citoyen lambda ?

Heureusement que j’ai trouvé une gynécologue extraordinaire qui, au lieu de passer son temps à me juger, me soigne ! C’est d’ailleurs sur ces précieux conseils que je vous écris aujourd’hui pour que je ne le rumine pas sans cesse ; pour que ça sorte enfin ! Et au travers de cette lettre qui vous est directement adressée, j’en profite également pour l’adresser à toutes les personnes qui au cours de ma vie se sont permise de me juger, de me rabaisser, de m’insulter. Tous ces biens penseurs qui estime toujours tout savoir sur tout, qui te font des leçons de moral virulente « pour ton bien », alors que lorsqu’on gratte un peu on s’aperçoit vite que la vie de ces donneurs de leçon est loin d’être un exemple ! Alors laissez-moi rire ! On ne connait jamais parfaitement quelqu’un alors de quel droit juge-t-on ?

Mes parents, qui au passage m’ont inculqué dès mon plus jeune âge des valeurs telles que la tolérance, le respect et la politesse, m’ont toujours répété cette phrase : Il est toujours plus facile de voir la paille dans l’œil de son voisin que la poutre dans son propre œil. Je peux la vérifier au quotidien. Alors j’aimerais dire à vous tous, qu’à partir de ce jour, s’en est fini de me laisser marcher sur les pieds, de m’écraser, de me taire. Un Non de ma part est un non et pas un peut-être. J’ai trente ans pas dix ! Cela ne sera pas toujours facile car les habitudes ont la vie dure mais je me ferais violence car j’ai le droit au respect comme tout le monde, peu importe mon tour de taille, mon compte en banque ou ma couleur de cheveux ! Et si ça ne plait pas, tant pis, passez votre chemin !

Alors je ne vous dis pas à bientôt car je ne veux en aucune façon vous revoir. Je ne vous souhaite pas bonne continuation. Mais je me souhaite beaucoup de bonheur et j’en ai déjà à foison quoi que vous en pensiez. Je dois néanmoins reconnaître que grâce à vous j’ai repris foi en moi et décuplé mes rêves dans tous les domaine !

Bien pas cordialement

Raphaëlle.

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13 réflexions sur “Lettre ouverte….

  1. satinecouture dit :

    Hello, ah ben ça c’est dit au moins. Je ne te connais pas mais tu as bien raison de le dire. quand la coupe est pleine il faut savoir dire stop. Bon courage😉car je te confirme que la vie est compliquée et que des personnes malveillantes seront sur ton chemin mais comme tes parents t’ont inculqués des valeurs honorables, tu sortiras victorieuse de tous tes combats.
    Bien à toi
    La maîtresse en maillot de bain

    Aimé par 1 personne

Dis, tu me laisses un petit mot tout mignon ?

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