Dis, tu me racontes une histoire ? #6

episode-6Dans le dernier épisode, Marc subi un test atroce et est forcé de tuer un homme. N’étant plus que l’ombre de lui-même, il est amené dans sa chambre. On le fait s’asseoir et Vanessa lui glisse quelque chose dans la main.

Je vous avais demandé de voter pour savoir ce qu’elle lui avait donné, et vous avez choisi : Un bout de papier.

Je restais quelques instants, hébété, puis j’ouvris lentement la main… Un bout de papier ? Qu’est-ce que ça veut dire encore ? J’étais incapable de me concentrer deux minutes d’affilé. La scène passait en boucle dans ma tête. Je me revoie appuyer sur cette foutu détente. Je venais de buter un mec bordel. La nausée me repris aussitôt. Je ne sais pas combien de temps je suis resté prostré alors  qu’il fallait que je réfléchisse. J’étais dans la merde jusqu’au cou. Il devait bien y avoir une solution. Il fallait que je retrouve mes esprits et mes  capacités de déduction qui faisaient de moi le meilleur !! Il fallait que je me ressaisisse ! Jusqu’à présent je n’ai été que le pauvre spectateur de ma lamentable condition ! Je devais devenir l’acteur de ma destinée ! Mes amis comptaient sur moi et ce n’est certainement pas comme ça que j’arriverais à quoi que ce soit ! Plus facile à dire qu’à faire au demeurant mais il fallait vraiment que je me sorte de là et vite !

Je secouai la tête comme pour me remettre les neurones en place. Toujours le papier en main,j’observais l’endroit où je me trouvais. Je n’étais plus dans une geôle froide et lugubre mais dans une belle chambre spacieuse. Le fauteuil sur lequel j’étais assis fait partie d’un salon avec une petite table ronde, un sofa et un autre fauteuil qui lui faisait face. La cheminée crépitait légèrement dans le fond de la pièce. Je jetai le bout de papier sur la table et je me levai en direction de l’âtre pour y dégourdir mes doigts. La chaleur du feu vint lécher mes articulations fatiguées par ces derniers jours. Je me retournai et aperçu un majestueux lit à baldaquins. La literie avait l’air outrageusement moelleuse. Une armoire en bois, immense, se trouvait à gauche et un secrétaire assez sophistiqué à droite. Les boiseries étaient magnifiques. Une grande fenêtre sur ma gauche ; une porte après le lit et une autre sur ma droite complétaient le tableau. Voilà à quoi ressemblait ma chambre. Je me dirigeais vers la fenêtre. Je poussais l’épais rideau, il faisait nuit noire. Demain j’aurais l’occasion de découvrir les lieux plus en détail. Pour se défendre il fallait connaître son ennemi et son environnement ! Et j’aurais besoin de toutes mes capacités d’observateur. Je me dirigeai vers la porte juste en face et l’ouvris. Elle donnait sur un couloir au fond duquel des cerbères de Vanessa montaient la garde. Je la refermais prudemment. Il ne restait que la porte du fond à découvrir. Une grande salle de bain se trouvait derrière cette dernière : douche à l’italienne, double vasque, toilette.  Une bonne douche allait me faire le plus grand bien. Je me dévêtis et mis mes affaires en boule dans un coin. Je n’étais pas le seul à avoir souffert de ces derniers jours ! Mes membres  aussi étaient bien fatigués. J’ouvris l’eau et me glissa sous le jet. La vapeur de l’eau chaude envahit bientôt les airs. Je restais un long moment sous l’eau sans bouger, comme pour me laver mentalement de toute cette histoire. La chaleur détendait mes muscles. Après m’être lavé, j’enfilais un peignoir d’un moelleux exquis. Je me regardai dans le miroir et j’en eus presque peur ! Le visage pâle, les traits tirés, des hématomes un peu partout… J’avais l’air d’un zombie. Je sortis de là, n’en supportant pas d’avantage.

J’allais fouiller dans l’armoire : il y avait des vêtements d’homme de toutes sortes. Parfait, j’en avais bien besoin. J’enfilais un jean, un tshirt et un pull et me rendis près de la cheminée. Lui tournant le dos pour me chauffer les reins, mes yeux se posèrent soudain sur la table et je vis le bout de papier que j’avais nonchalamment jeté dessus. Je l’attrapai et le déplia.

 Un code ! Pourquoi faire simple hein Vanessa ? Encore une de tes entourloupes j’imagine ! Me disais-je mentalement. Mais ça devait être une information relativement importante pour que le message soit crypté. Allons, il fallait réfléchir. Je faisais les cent pas devant la cheminée en essayant mentalement de trouver la solution. Je me souvins soudain que lorsque nous étions ensemble avec Vanessa, nous nous amusions de temps à autre à faire des chasses aux trésors. Nous avions toutes sortes de codes. Je me précipitai vers le secrétaire en priant pour qu’il y ait des feuilles et un stylo. J’ouvris le pan de bois et découvris une merveille d’ébénisterie. Le seul que j’avais vu de cette qualité était au château de Versailles dans les appartements du Roi. Des dizaines de cachettes qu’il fallait actionner par des mécanismes secrets. Assurément les concepteurs de ces fabuleux meubles étaient de véritables professionnels du secret.  Il y avait effectivement tout le nécessaire pour écrire. Je tentais le premier code qui me vint en tête et un des plus simple A=1 , B=2 , C=3, etc…. Bingo ! Le premier mot est « Marc ». C’est le bon code. Ah tu ne t’es pas cassé la tête Vanessa !  J’entrepris cependant de déchiffrer le message. Cela donnait :

« Marc,
Dans le secrétaire il y a une clé cachée. Trouve ensuite l’entrée secrète et tu comprendras.
Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être.
Fais-moi confiance.
V. »

 Merveilleux. Une énigme de plus comme si je n’avais pas déjà assez de questions ! « Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être » ! Laisse-moi rire Vanessa ! Alors quoi ? Je ne viens pas de tuer un pauvre homme pour satisfaire vos pulsions morbides à ton patron et toi peut-être ? Je ne la sentais pas cette histoire de clé; Serait-ce un piège ? Mais si je veux en avoir le coeur net il faut que je cherche. Je m’apprêtais à ouvrir un des petits tiroirs du secrétaire, lorsque quelqu’un frappa à la porte et entra en même temps. Je fourrais mon papier de traduction dans ma poche et je refermais le pan du secrétaire en toute hâte. Vanessa entra et me chercha du regard, pendant qu’un de ses hommes, déposait un plateau sur la petite table du salon avant de ressortir de la chambre :

-Ah Marc te voilà. J’ai pensé qu’un petit quelque chose à manger te ferais du bien. Qu’en penses-tu ?

-Délicate attention. Idéal pour m’empoisonner aussi.

-Hahaha ! Voyons Marc, pourquoi voudrais-je t’assassiner alors que j’ai besoin de toi ?

-On n’est jamais trop prudent avec ton esprit tordu ! Goûte une bouchée devant moi !

-Comme tu voudras ! dit-elle en levant les yeux au ciel.

Et joignant le geste à la parole elle prit la fourchette sur le plateau et mangea pour me prouver qu’il n’y avait aucun poison. Elle se servit aussi un verre de vin et le bu.

-Alors rassuré ? Je vois que tu as trouvé les vêtements que j’avais préparés pour toi ? Je n’ai pas oublié ta taille, c’est bien. Tu sais je n’ai rien oublié de nous… Dit-elle en se rapprochant de moi.

-Arrête Vanessa ! Il n’y a plus rien entre nous et tu me dégoûtes tellement.

Mais elle semblait déterminée. Elle continua de s’avancer vers moi m’obligeant de fait à reculer jusqu’à être bloqué par un des barreaux du lit. Me prenant par surprise elle m’embrassa. Malgré moi, je lui rendis son baiser.

-Hum tu n’as pas l’air tant dégoûté que ça, miaula-t-elle.

Je la repoussais et réussi à me soustraire de cette position inconfortable. C’est vrai, que je ne pouvais pas oublier ces choses-là. Nous faisions l’amour passionnément et elle embrassait divinement bien. Au lit, c’était une tigresse qui me rendait fou. Mais tellement de choses s’étaient passés depuis notre rupture et je ne pouvais feindre de les ignorer.

-Rien ne presse, je te laisse te reposer. Bonne nuit me fit-elle avec un clin d’œil et elle disparut me laissant avec mes souvenirs, mes questions et mon malaise.

 Mon ventre gargouillait. Je n’avancerais pas sans force. Il était plus prudent de faire profil bas pour le moment et de se ménager. Je me dirigeais donc vers le plateau sur la table : une poêlée pomme de terre/haricots verts avec un blanc de poulet ; un beau morceau de pain ; une petite carafe de vin et une petite bouteille d’eau et pour finir une compote de pomme. Je n’avais pas mangé depuis plus de 24h mais les derniers événements m’avaient  fait mettre ce détail de côté. L’adrénaline prenant le pas sur tout. Mais là je crevais littéralement de faim. Je gouttais la plat prudemment d’abord puis je me jetai dessus. Il fut fini en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. L’assiette était assez copieuse mais j’englouti également l’intégralité du pain, la carafe et la compote.  Repu, je repoussais le plateau vers le centre de la table. Je me levai et alla vers la fenêtre, l’ouvris et alluma une cigarette. J’observais la nuit noire tout en savourant la sensation que me procurait la nicotine. Je mis la main dans ma poche et senti le papier que j’y avais mis plus tôt.  Je balançais le mégot par la fenêtre, la referma et je sortis le papier tout froissé de ma poche. Il fallait que je comprenne. La première étape était donc de trouver une clé dans le secrétaire. Soit. Faisant volte-face, je me dirigeais d’un pas décidé vers le fameux secrétaire, ouvris le pan principal et observa ce chef-d’oeuvre de conception. Il fallait procéder par ordre. Le mécanisme était complexe et les cachettes multiples.

Après un long moment à méticuleusement inspecter chaque recoin du secrétaire sans succès, j’étais sur le point de laisser tomber quand mon regard fût attiré par une sorte de petit défaut sur l’angle interne d’un des petits tiroirs. Le meuble n’était pas de prime jeunesse mais cela m’intrigua tout de même. Je grattais légèrement le défaut puis exerça une pression du doigt quand j’entendis le cliquetis significatif de quelque chose qu’on déverrouille. Un des mécanismes venait d’être actionné et un des côtés du secrétaire s’entrouvrit laissant apparaître une nouvelle flopée de cachettes… Je me remis en quête de la fameuse clé. La persévérance a fini par payer : je tombais sur une petite clé en or bien cachée dans un des renfoncements. Bon apparemment Vanessa ne racontait pas de mensonges. Je relus la deuxième étape : « trouve l’entrée secrète… » Était-elle dans ma chambre ? Dans la villa ? Aucune idée.

Je fis le tour de la chambre minutieusement pour voir s’il y avait une différence de bruit sur le plancher pouvant indiquer une sortie mais rien. Même sous le tapis à côte du lit. Le lit était vraiment très imposant. J’entrepris d’étudier ses abords avec soin. Aucun mécanisme sur les portants, ni sur les côtés. Je me mis à plat ventre sur le sol pour inspecter dessous le lit. Rien de caché sous les lattes. Je regardais soudain vers le mur sur lequel reposais le lit. Me relevant en hâte, je m’approchais et observa la plinthe. Une légère coupure à un endroit me mis la puce à l’oreille. J’essayai de pousser le lit mais il était trop lourd. Je repassais dessous pour m’approcher au plus près de la plinthe. Par chance, j’y parvins sans trop de difficultés. En la touchant pour en comprendre le mécanisme, un morceau se décala et je pus le saisir pour le retirer. Une petite serrure était cachée là. Je compris instantanément et y enfourna la clé trouvée plus tôt. Cela déverrouilla une petite porte qui se trouvait là, cachée parmi les tentures. Impossible à voir avec la masse du lit. J’admirais au passage l’ingéniosité du concepteur de ces portes et cachettes secrètes. Vraiment un bel ouvrage. N’en pouvant plus d’attendre des réponses, je pris une bonne respiration pour me donner du courage et m’engouffrais en rampant par l’ouverture.

Il me fallut quelques secondes pour saisir où je me trouvais …

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4 réflexions sur “Dis, tu me racontes une histoire ? #6

Dis, tu me laisses un petit mot tout mignon ?

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