Biopsie et Colposcopie

Non ce n’est pas un mauvais groupe des années 80 ou deux présentatrices d’émission de fitness ! « Mesdames et messieurs, après Stone et Charden, après Véronique et Davina, merci de faire un triomphe à Biopsie et Colposcopie ! Tou tou you tou…« 

Non aujourd’hui j’ai envie de vous parler de ce que des milliers de femmes et moi devons subir régulièrement. Ce sont deux examens gynécologiques. (Mais des hommes sont parfois contraints d’en faire aussi, pour d’autres raisons of course. Cependant comme je n’ai pas d’exemples concrets, je ne parlerai ici que pour les femmes – Messieurs vous pouvez rester quand même, histoire de comprendre ce que votre femme traverse par exemple)

Alors oui je te préviens bichons, il y sera question d’utérus, de sang, de chatte (pas l’animal hein !), d’anus, de cul, etc… alors ne sois pas dégoutté, c’est par là que tu es né ne l’oublie jamais (de l’utérus hein pas du cul ! sauf pour quelques grosses merdes que je connais mais là n’est pas la question ^^). 

Même si je l’ai déjà évoqué  ici , je vais revenir au début de cette histoire et de mon parcours du combattant.

Il était une fois une jeune fille de 24 ans qui s’est rendu chez son gynéco pour faire un frottis de contrôle, tout ce qu’il y a de plus basique. Cela faisait un moment qu’elle ne l’avait pas fait. Il était temps. C’est confiante et sereine qu’elle s’est rendu à son rendez-vous. Après tout elle était sérieuse, s’était toujours bien protégé, était en couple depuis plusieurs années. Jeune fille bien sous tous rapports en somme. Nous étions en 2009. La vie était belle et tout allait pour le mieux. Le frottis fait, c’est avec le sentiment du devoir accompli que la jeune fille est rentrée chez elle et a repris le cours de sa vie. Rendez-vous dans un an se disait-elle. Mais deux semaines plus tard, un courrier de l’hôpital où se trouve son gynéco est arrivé. Il disait que les résultats du frottis nécessitaient des examens complémentaires : une biopsie et une colposcopie. Rendez-vous avait déjà été pris deux semaines plus tard. Toujours dans le déni, la jeune fille s’est dit sur le coup « bon ok pas de problème ». Et puis elle a commis une erreur. Grave. Cela là taraudait quand même un peu ne sachant pas ce que c’était comme examens, elle s’est donc dit qu’elle allait voir ce qu’internet en disait. ERREUR MONUMENTALE !!!

En tapant les mots « biopsie et colposcopie » sur son ami google, elle pâli devant les résultats affichés : Il y avait de tout mais le dénominateur commun qui revenait à chaque ligne, presque en clignotant était : cancer du col de l’utérus. Doctissimo était formel, elle était condamnée à d’atroces souffrances. Le ciel lui tombait sur la tête, une fanfare morbide commençait à jouer une marche funèbre, elle prit des actions chez kleenex tant elle pleurait, elle rédigea ses mémoires et son testament, et se rendis à son fameux rendez-vous. Dans la voiture qui l’a conduisait vers la sentence inéluctable et l’annonce de sa mort prochaine à n’en pas douter, elle se prit quand même à espérer que son gynéco était en fait incompétent et qu’il se trompait. Anxieuse au dernier degré, elle rentra dans l’hôpital. Son gynéco vint la chercher et telle la condamnée qu’on emmène à la potence, elle rentra dans le cabinet du docteur. Il lui expliqua donc que le frottis avait détecté un virus de type malin en stade 3 pré-cancer (dernier stade avant d’être officiellement promu cancer de l’année) qui avait décidé que son utérus était parfait pour élire domicile et prospérer. Cependant il y a différent stade et le frottis n’est pas assez précis. D’où la biopsie et la colposcopie qui elles sont fiables et précises.


Début d’un petit point technique d’ailleurs  à ce niveau (je vous sens perdu ^^):

La colposcopie est un examen de la paroi interne du col de l’utérus. Ce dernier assure la jonction entre le vagin et l’utérus. La colposcopie nécessite d’introduire un spéculum dans le vagin. Cet instrument médical permet de maintenir écartée la paroi du vagin le temps de détecter d’éventuelles lésions du col de l’utérus. L’observation se fait habituellement à l’aide d’une loupe binoculaire. La colposcopie permet de repérer des anomalies localisées au niveau de la muqueuse du col de l’utérus, d’en préciser la topographie mais également d’effectuer une biopsie dirigée permettant d’effectuer une analyse ana pathologique des cellules anormales.

La biopsie consiste à prélever une toute petite partie d’un organe ou d’un tissu afin d’effectuer des examens médicaux. La biopsie peut être effectuée au moyen d’une aiguille, par frottis ou par endoscopie sur tout type de tissu humain. La biopsie permet d’établir ou de confirmer un diagnostic fiable sur une pathologie soupçonnée en analysant le prélèvement sous microscope par exemple. –

Point technique terminé !


Il lui confirma donc qu’à terme le cancer du col de l’utérus était l’option la plus probable mais qu’on en était encore loin et qu’il y a avait pleins de solutions avant selon le stade d’avancement comme retirer une partie de l’utérus malade bien que comme elle n’a pas d’enfants on essayera de le préserver au maximum sauf si on est à un stade trop avancé ; cramer le col au laser ; etc… Claque dans la gueule, marche funèbre et cotillons ! C’était encore pire que dans les mauvais scénarios qu’elle avait établi. Mais elle restait bloquée sur les mots qui revenaient en boucle dans sa tête : Cancer et pas d’enfants et c’est en mode pilote automatique qu’elle se mit sur la table de consultation et se laissa faire comme une poupée de chiffon. Des larmes coulaient en silence. Mais le choc de l’annonce l’empêcha de ressentir la douleur de l’acte. Le gynéco se rendit compte qu’il y avait des tremblements dans les jambes et lui dit « mais vous pleurez ? Il n’y a aucune raison voyons ! » Facile à dire. L’examen fini, elle se releva, se rhabilla et repris un peu contact avec le monde extérieur. Une douleur vive se fit ressentir au plus profond de son ventre et elle avait l’impression d’avoir avalé des piments Jalapeno par la chatte tant ça la brûlait. Elle se rassit tant bien que mal devant le médecin qui lui expliqua qu’il n’y avait aucune raison d’être triste, que des milliers de femmes avaient la même chose et qu’il y avait aussi la possibilité que son corps l’élimine tout seul. Son corps n’ayant jamais vraiment été coopératif, cette dernière option était peu envisageable mais soit. De toute façon elle ne pouvait pas faire grand-chose de plus et devait attendre les résultats. Elle rentra chez elle, dans sa vieille Corsa qui broutait, avec un mal de chien, le coeur en mille morceaux, l’impression que sa vie était brisée. Le parfait mélodrame ! L’attente commença…

Quelques semaines plus tard, coup de téléphone du gynéco. Nous n’en sommes qu’au début, le virus n’est qu’au premier stade. Soupir de soulagement ; sermon du doc « vous voyez que je vous avais dit qu’il n’y a rien de grave » ; et prise de rendez-vous avec un collègue gynéco spécialiste de la chose 6 mois plus tard. Seul soin préconisé pour la demoiselle en détresse : surveillance tous les 6 mois. Et ? Et rien d’autre. Tout va bien, elle n’est pas malade, pas angoissée, n’a pas de questions. Ok c’est lui le docteur, il sait ce qui est bien pour elle.

Six mois plus tard la revoilà de nouveau les jambes écartées avec un vieux gynéco qui lui regarde à la loupe l’intérieur de la chatte. Elle essaye de se détendre mais le gynéco ne l’aide pas. Il relève sa tête et lui demande de lever le bassin car il doit examiner l’anus. Merveilleux. Joyeux, il lui montre à l’écran. Elle observe donc son trou de bal en gros plan en essayant de se convaincre que ce n’est qu’un mauvais rêve. Mais le doc est d’humeur taquine. Il relève la tête de nouveau et lui dit avec un clin d’oeil qu’il voit qu’il y a déjà du monde qui est passé par là ! A deux doigts (sans mauvais jeu de mots) de la mort par honte intersidérale, elle émet un petit cri qui s’apparentait plus à un beuglement et le doc de rajouter « Non mais c’est cool au moins vous profitez ». Elle aurait aimé disparaître à ce moment précis. Mais le doc était content. Le corps de la demoiselle avait apparemment décidé de se débarrasser tout seul de cette saloperie de virus. Il n’y a plus de lésions. La consultation se poursuivi avec un médecin plus à même de parler de l’ouverture (sans mauvais jeu de mot toujours) d’esprit de sa patiente niveau sexuel que du problème initial. Désireuse de sortir de là au plus vite, la demoiselle le remercia, promis de prendre rendez-vous dans 6 mois et couru en dehors de l’hôpital avant de raconter l’histoire à son chéri qui l’attendait dans la voiture. Il éclata de rire en lui disant « oh la honte ! je savais pas qu’il pouvait voir que tu te fais prendre le cul » (ami poète bonsoir, j’avais prévenu en même temps !). Deuxième effet kiss cool xD

Suite à cet épisode peu valorisant, la jeune fille eu quelques (gros) soucis financiers et pas de mutuelle. Elle n’alla donc pas tous les 6 mois se faire suivre comme il aurait fallu. Consciente que ce n’était pas bien mais ne connaissant pas d’autres moyens. Puis elle changea de région. Fin 2013 (soit 4 ans après pour les brèles en math), aucun signe ne lui faisait plus penser à ça. Elle vivait sa vie comme n’importe quelle personne normale. Et puis un jour de décembre 2013, elle constata que ses règles étaient arrivées. Jusque-là rien de bien extraordinaire. Sauf que 3 mois plus tard elle les avait toujours. Puis une semaine d’arrêt. Puis 2 mois de règles. Puis 2 mois d’arrêt, et ainsi de suite. N’ayant toujours pas de mutuelle ni de moyens financiers, elle se demandait comment faire. On lui conseilla d’aller au planning familial. Ce qu’elle fit. Et c’était reparti : frottis, écho et prise de sang. Rien d’anormal sur l’écho qui pouvait expliquer les saignements en continue, prise de sang ok. En revanche le frottis révéla que cette saloperie était toujours là.

Mais la gynéco était obnubilée par les « règles » et voulait absolument faire un frottis sans saignement alors elle lui prescrivit des médicaments qui faisaient contraceptif et qui devaient arrêter les règles. C’est là que la traversée du désert commença pour la demoiselle. Outre une vie de couple anéanti par ces saignements incessants, elle fût bringuebalée de gynéco en gynéco, à la fin on ne l’auscultait même plus. On faisait appel à son civisme car elle prenait la place de quelqu’un qui avait réellement besoin d’aide, on lui disait qu’elle avait la chance d’avoir une sécurité sociale, elle ! Bref le virus n’était pas suivi, les saignements ne s’arrêtaient pas et les médocs lui faisaient avoir de véritables contractions hypers douloureuses.

Un an plus tard soit en 2016, une super amie de la jeune fille, lui recommanda sa gynéco. Dégoûtée du planning familial et les finances un peu plus clémente, fraîchement adhérente d’une mutuelle, elle se dit que c’était le moment de prendre le taureau par les cornes. Elle se rendit donc chez cette gynéco qui est effectivement fabuleuse. Très humaine, extrêmement compétente, jeune et très douce. L’espoir revint. Elle lui fit tout une batterie d’examen pour constater que ce n’était pas des règles mais un autre problème;  lui arrêta les médicaments et lui conseilla de manger 2 yaourts nature par jour pour rétablir la flore vaginale. Qui l’eu crut mais les contractions se sont arrêtées, les saignements aussi. Tout est revenu à la normal au bout de quelques mois. Elle était effarée par le parcours de la jeune femme et de l’incompétence de ses confrères. Ne faisant pas encore elle-même les biopsies elle adressa la patiente à une consoeur. Cette dernière découpa à vif la jeune femme à plus de 7 endroits différents ce qui fût un véritable supplice. La pauvre jeune femme pouvait à peine marcher à la sortie du cabinet. Les résultats étaient préoccupants. La gynéco décida d’envoyer la jeune femme à un professeur de l’hôpital spécialiste dans ce domaine. La consultation fût un désastre et humainement très dur à vivre (elle lui a d’ailleurs écris une lettre ouverte que tu peux lire ICI ). Mais la première boucherie avait dû retirer quelques zones malades car les résultats de cette deuxième biopsie étaient meilleurs. Cependant le professeur expert en la matière ne souhaitait suivre la jeune femme qui si elle perdait au moins 40 kg, donc sa gynéco et elle ont décidé d’aller voir quelqu’un d’autre. Ce qui fût fait lundi dernier. Dernière biopsie en date. La jeune femme est encore tombée sur un phénomène. En entrant dans le cabinet, elle ne remarqua pas de suite que rien n’avait été nettoyé de la patiente d’avant. Du sang et du produit étaient encore amoncelés en bas du siège d’auscultation… Gourmand, croquant !! Mais c’est avec une joie non dissimulée qu’elle a appris que sa wonder gynéco habituelle était enfin habilitée à faire les biopsies, elle n’aurait donc plus besoin d’aller dans cet hôpital de malheur.

Voilà où la jeune femme en est actuellement… Et même si au fil des discussions avec des amies elle se rend compte que beaucoup de femmes sont passées par là, elle se sent quand même extrêmement seule. Très éprouvée psychologiquement par tout ce parcours médical digne d’un mauvais film, elle n’aspire maintenant qu’à une chose : être soignée !

L’attente des derniers résultats commence et peut être que cette histoire aura une suite qui je l’espère sera moins chaotique.


Voilà mon histoire. Je voulais la partager certainement pour en expier un peu le mal-être qui m’envahit parfois et peut être ainsi conjurer le sort. Si quelqu’un a des questions sur le papilloma virus ou autres, je serais ravie de lui apporter mon soutien et mes réponses. Et si ce texte que j’ai voulu détaché et un peu humoristique pour dédramatiser la chose peut aider quelqu’un à prendre un peu de recul avec tout ça, j’en serais ravie.

A très vite les bichons.

Raphie ❤

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7 réflexions sur “Biopsie et Colposcopie

  1. cupacrine dit :

    ha ben dis donc et moi qui croyais qu’on pouvait pas subir pire que les examens de fertilité (ou de « non fertilité »). courage miss, je comprends c’est pas la joie tout ça. gros bisous, pleins d’ondes positives tout ça tout ça !

    Aimé par 1 personne

    • What's up in my happy days dit :

      j’ose pas imaginer tout ça. Je vais sans doute devoir y passer parce que facilement 4 ans non continue sans contraception et même pas un début d’accident 😦 mon utérus est une zone de guerre et mon cerveau le meilleur contraceptif qui soit…. mais là j’avoue que j’ai ma dose des tests alors je prends du recul. merci ma belle pour ton soutien ❤ ❤

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