Le dernier jour d’une opérée

Coucou les bichons,
Vous m’avez manqué comme d’habitude. Ce n’est pas faute d’avoir fait de vaines tentatives d’écriture mais soit on me dérangeait tout le temps, soit l’inspiration se faisait la malle aussi vite qu’elle était arrivée (elle est rapide la garce, faut pas la louper !) soit tout simplement que je n’avais pas le temps, je ne prenais pas le temps plutôt. Je sais qu’il faudrait écrire au moins 1 h par jour. Et pour tous les projets que j’ai en tête ça ne serait même pas assez. Mais suite à une discussion avec ma précieuse amie Julie, j’ai analysé que j’avais cette heure au travail pendant ma pause. C’est donc entre deux relances comptables et trois mails à envoyer que j’écris ces mots.

Depuis le dernier article (que tu peux relire ici) il s’en est passé des choses ! Revenons s’il vous plait sur les dernières nouvelles de mon utérus d’abord !

Lors de mon article où je vous expliquais le parcours du combattant qui est le mien, j’en étais à l’attente des résultats de ma dernière biopsie du col de l’utérus. Ils sont arrivés deux semaines plus tard. Coup de téléphone de la gynéco de l’hôpital : « Oui Mme alors j’ai les résultats, votre gynéco habituelle à dû vous les transmettre ? » « Euh non ! » « Ah ! Euh ! OK ! Bon alors – raclement de gorge- ce n’est pas bon du tout. On est en CINIII ce qui veut dire que le stade est beaucoup trop avancé pour avoir une chance de guérison sans intervention. Moi je préconise l’opération. Mais on est d’accord on ne parle pas encore de cancer hein ? »
J’étais en voiture, le haut-parleur bluetooth résonnait de ces mots, mon beau-fils était à côté de moi, tout pâle. # badtrip. Je ne trouvais pas nécessaire de l’inquiéter outre mesure, il s’est pris la vérité en pleine face. Après avoir répondu à ses innombrables questions et dis au moins un millier de fois « non doudou je ne vais pas mourir », nous avons continué notre vie. Rendez-vous fût pris avec ma gynéco pour en parler. J’ai pleuré, j’ai douté, j’ai re-pleuré, ma gygy me passait les mouchoirs au fur et à mesure, j’ai vidé mon sac et je suis repartie de là avec les yeux rougis, le numéro d’une psy et un nouveau rendez-vous à la clinique pour planifier une opération.
Lors de ce nouveau rendez-vous, j’ai dû signer tout un tas de papier disant que j’avais compris en quoi consistait l’opération, que j’étais d’ accord, etc… Et on a fixé la date deux semaines plus tard : le 7 juin ! Entre temps toute une batterie de tests sanguins, échographie et rendez-vous avec l’anesthésiste ont été effectué. Tout devait être normal sauf qu’à l’écho on s’est rendu qu’il y avait un gros problème. Mon endomètre (ma paroi utérine si vous préférez) au lieu de faire 5mm d’épaisseur comme en 2014 était à plus de 15 mm ! Ce qui en soit n’était pas normal DU TOUT et en plus il était impossible de voir si cela cachait des polypes (de vilaines bêtes qui peuvent filer le cancer de l’utérus) ! Un bref instant après l’annonce de ces résultats, j’ai pensé à faire mon testament au cas où ! Mais comme lors de l’intervention il est déjà prévu de faire une biopsie de l’utérus, on ne s’affole pas et on attend.
Le 7 juin au matin arrive. Je dois être opérée dans l’après-midi. Je vous raconte ma journée :

5h30 : le réveil sonne, je m’empresse de me lever et d’enchainer coup sur coup 2 cafés + 2 clopes et une demie bouteille d’eau.
7h : ca y est je n’ai plus le droit d’avaler quoi que ce soit ! Putain ça va être long.
7h05 : je vais uriner les litres que j’ai avalé en vitesse.
7h10 : putain ça va être long !
8h : Après avoir fait 3 niveaux de candy crush ; le tour de facebook ; rongé deux ongles, je me décide à aller prendre ma douche à la bétadine obligatoire (j’avais déjà dû en prendre une la veille.)
9h : Je suis douchée, je pue l’hôpital, je suis épilée (on ne sait jamais si l’anesthésiste est pas mal ! Et vaut mieux que ca soit moi qui le fasse qu’eux !)
9h05 à 11h15 : je tourne, je m’assied sur le canap ; je me relève ; je fais les cents pas ; je m’ennuie ; je panique ; je rassure mon mari ; je constate que tout le monde s’en fou et que j’ai même pas un texto ; je regarde mon téléphone et remarque qu’il était en silencieux et constate que j’ai 2 appels en absence et 4 textos d’encouragement ; je remets mon tel en sonnerie ; je dit à mes proches que je les aime (au cas ou je ne me réveille pas) ; je m’engueule d’être si négative ; je me prends à rêver d’être guéri après ; je m’engueule d’être si positive ; je cherche mon chat, je câline mon chat qui manque de me griffer de justesse ; je vérifie pour la millième fois que j’ai tous les documents / résultats d’analyse.
11H16 : Je gueule sur mon mari que je l’attends pour y aller ; que ca fait 10 fois que je lui dis qu’il faut y être pour 12h.
11h17 : Je me rends compte qu’à cette heure-ci il faut 20 mn pour y aller et qu’on est large.
11h18 : Je m’excuse ou je ne m’excuse pas ?
11h19 : Bon ok je m’excuse MAIS je mets ça sur le compte du stress. Tu as de la mauvaise foi ou tu l’as pas !
11h25 : Ca y est c’est parti. Et c’est avec la vivacité du condamné à mort que je me suis dirigé vers la voiture.
11h45 : Nous sommes arrivés à la clinique et nous nous dirigeons vers l’accueil.
11h46 : J’attends mon tour
12h00 : J’attends mon tour
12h10 : J’attends mon tour
12h20 : Ah ça y est enfin, je m’annonce et on me fait patienter dans la salle d’a côté pour faire mes papiers d’entrée.
12h21 : Tout est en ordre, je suis officiellement une future opérée en ambulatoire.
12h22 : Je suis dans la salle d’attente. On va venir me chercher pour m’installer dans ma chambre. On m’informe que je serais opérée à 14h.
12h30 : Une femme rentre dans la salle d’attente et a visiblement envie de faire la causette. Comment on explique à quelqu’un qu’on a pas envie de parler ?
12h45 : Monologue toujours en cours de la dame. Mon mari me souffle dans l’oreillette qu’avec une chaise dans la gueule ça couperait court à la discussion, visiblement les autres personnes présentes ont la même idée.
13h : Un groupe de 3 hommes rentre dans la salle d’attente. Des russes. Un vrai cliché de mauvais film : L’un arborant fièrement une croix gammée tatouée sur la cheville ; un autre avec une chevalière énorme au doigt. Ils surveillaient le couloir et se relayaient. Un était posté à l’entrée de la salle d’attente, l’autre faisait des allers-retours dans le couloir… Visiblement ils attendaient quelqu’un mais je ne suis pas sûr qu’ils lui veuillent du bien…
13h30 : Une infirmière vient me prendre ma température dans l’oreille ; me mets un bracelet et m’explique qu’ils ont eu du retard avec le nettoyage des chambres alors une fois que je serais installée tout va s’enchainer alors elle prend de l’avance. Je lui donne tous mes résultats d’analyse.
13h45 : On m’emmène dans ma chambre. Enfin ! Là, on me file le kit de l’opéré à savoir une charlotte, une blouse, des chaussons et une culotte. J’ai à peine le temps de dire au revoir à mon mari, d’enfiler ces merdes qu’on me dit qu’il faut faire un aérosol car je suis fumeuse et ça va m’ouvrir les bronches. On me colle un masque sur la tronche et je me retrouve seule avec tout ça.
14h : Deux infirmiers rentrent dans la chambre et me disent qu’on descend au bloc. Ok ! Je ne suis à moitié à poil mais je reste digne. J’enfile ma charlotte, me cale dans le lit et roulez jeunesse !
14h05 : On me parque dans un coin, des gens me parlent – tous en même temps – et me posent pleins de questions. J’ai envie de pleurer.
14h15 : This is the time. On me demande de me lever et de marcher jusqu’à la table d’opération parce qu’il n’y avait pas la place de manipuler le lit dans le couloir. Je m’installe donc sur le siège de torture. J’ai envie de pleurer. Mais l’anesthésiste est beau et adorable (j’ai bien fait de m’épiler !) et les infirmières sont des anges. Ils m’installent confortablement, essaye de me faire rire. Dave passe en fond musical, puis çà enchaine avec du Mylène Farmer et la musique « Libertine ». J’ai trouvé ça drôle. Et là j’entends « Allez, on va décoller. Pensez à un truc génial ». Je n’en ai même pas eu le temps que je me suis sentie engourdi de partout puis plus rien.
16h : Je me réveille en chialant. C’est normal, à chaque anesthésie générale, quand je me réveille je chiale. J’ai la gorge en feu, un goût de plastique dégueulasse en bouche, le nez qui coule. On vérifie mes constantes. Ma gynéco vient me parler : je crois me rappeler qu’elle me dit de ne pas m’inquiéter ce ne sont pas des polypes mais plutôt un fibrome ; que la conisation du col s’est bien passée. Mais j’étais dans le gaze et sans mes lunettes alors c’est flou.
16h10 : On me remonte dans ma chambre et on me file une collation. On me dit que je sortirais à 17h que je peux appeler mon mari pour lui dire de venir. Ce que je fais instantanément.
16h20 : Mon mari passe la tête par la porte. Oui il a roulé un peu vite pour venir !
16h30 : On vient me donner ma fiche de sortie, me retirer la perfusion et me donner les dernières instructions.
16h40 : Je me rhabille avec l’aide de mon mari car je tangue un peu
16h50 : Je me casse !

De retour à la maison je n’ai le droit de rien faire sous peine de me faire engueuler par mon mari. Trois jours d’arrêt m’ont été obligatoirement prescrits. Alors j’ai profité de cette convalescence pour dormir et me reposer. J’avoue que j’étais un peu à l’ouest. Le lundi suivant j’ai repris le travail, ça a été un peu difficile. Mais pas de douleurs donc c’était supportable.


Et les journées s’enchainent, toujours, sans arrêt. Je viens d’apprendre que mon contrat est prolongé jusqu’à début septembre. Que du bonheur. Ce week-end nous allons chercher Junior pour les vacances jusqu’à début Août. Que du bonheur bis. Et nous aurons pas mal de passage de famille en Août. Que du bonheur ter. 😀

Je te dis à bientôt bichon. Nouvelle épisode de « Dis, tu me racontes une histoire » en cours ; je réfléchis à une saga pour l’été, et puis toutes les bizarreries qui voudront bien sortir de mon cerveau te seront servies sur un plateau.

A très vite ❤

 

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10 réflexions sur “Le dernier jour d’une opérée

  1. cupacrine dit :

    ouf alors ça s’est bien passé tant mieux c’est bien. cool
    bon maintenant il n’y a plus qu’à choper la muse et ne plus la lâcher (elle n’est pas rancunière au moins vu ce que tu lui a mis dans la tronche huhuhuh)
    bises, c’est toujours un plaisir de te lire ❤

    Aimé par 1 personne

    • What's up in my happy days dit :

      Flute alors je croyais que ma réponse avait marché :/ Bref je te disais merci Aydan, tu es toujours si gentil. Ca me touche beaucoup. Je m’attelle à l’écriture mais tu comprendras avec mon prochain article que la super forme c’est pas encore pour toute suite.. En revanche les articles de fous peut etre bien que oui, ça sera à vous mes lecteurs de me le dire 😉 pleins de bisous

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